Communiqué et déclaration du Contre-sommet de Louvain 2009

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Etudiants de toute l’Europe, nous nous sommes réunis à Bruxelles, Leuven et Louvain-la-neuve depuis le 25 avril 2009 pour débattre à propos du processus de Bologne. Jusqu'à présent, aucun pays n’a tenu de vrai débat public avec les ministres de l’éducation. Le débat n’a pas seulement été refusé, aussi notre liberté d’expression a été réprimée et nous avons été criminalisés à plusieurs occasions. Aujourd’hui, les ministres de l’éducation se réunissent à Louvain-la-neuve, donc nous, étudiants, avons organisé le contre-sommet de Louvain 2009. Ce processus implique une marchandisation et une dévaluation de la connaissance et nous transforme en objets de consommation. Dans l’actuel contexte de crise générale du système, la tendance en Europe est à la privatisation du peu de service public qui restent. Le processus de Bologne est l’application en matière d’éducation de la stratégie de Lisbonne, dans le contexte des accords généraux sur les commerces et les services. Un mouvement européen a commencé depuis longtemps et des résistances s'organisent pour construire une éducation juste et accessible à tous. Nous, étudiants, avons traversé les frontières pour nous organiser et nous mobiliser au niveau international. Le 23 mars 2005, le conseil européen a écrit :« nous invitons tous les états membres à continuer la réduction de leurs niveaux générals des aides publiques pour atteindre ceux du G8 ». Etudiants, nous répondons :« à toutes ces lois, nous opposons les mêmes revendications ».

Comité Louvain 2009

DÉCLARATION

Des étudiants de toute l’Europe se sont réunis à Bruxelles, Leuven, et Louvain-la-neuve pour combattre le processus de Bologne. La réunion des ministres de l’enseignement supérieur et des experts de Bologne, du 27 au 29 avril, a été, pour les étudiants, enseignants et chercheurs, l’occasion de se réunir pour exprimer leur opposition à ce processus lors du contre-sommet de Louvain, du 25 au 29 avril.

En 1998, avec la déclaration de la Sorbonne, Claude Allègre a initié , avec ses homologues allemands, italiens et anglais, le processus de Bologne, qui organise « le plus grand marché du XXIème siècle » (in Les échos, 8 février 1998) en suivant de très près les recommandations de puissants lobbies industriels et d’organisations néo-libérales. Les états engagés mettent en place différentes lois, mais toutes vont dans la même direction. Les pays engagés dans ce processus permettent notamment à leurs universités d’augmenter leurs frais d’inscription de plusieurs milliers d’euros, et construisent des dispositifs qui permettent l’endettement des étudiants.

L’Europe est en résistance et un mouvement contre ce processus a commencé. Les étudiants participant au contre-sommet ont créé un réseau de résistance internationale et écrivent une déclaration plus longue, fruit du travail des ateliers du contre-sommet.

Le processus de Bologne s’oppose à une éducation libre, gratuite, et émancipatrice.

Par ailleurs, les experts de Bologne ne représentent personne et sont une menace pour la démocratie : ils participent à la marchandisation de l’université, pendant que les protestations sont violemment réprimées par la police, et le débat public étouffé.

Nous vous invitons tous à amplifier cette mobilisation et à nous rencontrer à nouveau pour le G8 de l’enseignement supérieur à Turin en mai, ainsi que pour le printemps 2010 contre la stratégie de Lisbonne qui organise elle aussi « l’économie de la connaissance ».

Textes lus lors de la manifestation de Louvain-la-neuve le 28 avril 2009
Sur Internet : http://vagueeuropeenne.fr