Plateforme 2007_08
Contre-conférence propose de développer un processus de réflexion et de réalisation avec différents intervenants, individus ou groupes, à partir d'une série de questions initiales qui concernent leurs champs d'intervention spécifiques.
Chaque intervenant sera invité à présenter son travail, ainsi qu'à mettre en discussion les questions qui en sont au centre, et à explorer des possibilités d'échange ou de réalisation au cours d'un projet commun.
Nombre de situations appellent à de plus en plus de transdisciplinarité et de mobilité, pour répondre à des contextes où aucune place n'a été laissée à l'autodétermination, à l'invention in situ, à la coopérativité, etc., ou encore parce qu'à force de spécialisation des domaines d'intérêts et de compétences, une marge de plus en plus grande existe qui est devenue, ici, une université ouverte, là, un kiosque d'informations et une antenne juridique, une assemblée, un espace expérimental temporaire etc., qui tous assument des fonctions vitales et permettent la production et la socialisation de savoirs et d'outils critiques, et une certaine inventivité qui vise à transformer les espaces dans lesquels ils agissent.
La façon dont nous inventons ces réponses, est intéressante à divers titres, de même que dans les contextes dans lesquels une large culture de l'organisation existe déjà, les formes d'action, de prise de parole, etc., mobilisent le continuum d'expériences collectives, de réflexions théoriques et historiques, et des techniques, qui sont remises en jeu de façon continuelle.
Certaines associations supportent ainsi des dimensions d'inventivité et de production de sens au travers d'initiatives artistiques ou militantes. Même si le terme de politique n'est le plus souvent pas invoqué ici, mais de micro, infra ou subpolitique, leur influence est constante au delà de leurs champs opératoires, en art et ailleurs.
- Plateforme :
La plateforme se développe suivant les actions et projets des participants sur les axes suivants :
- Liberté de circulation et d'installation
Le système des frontières tel qu'il se constitue en Europe sert les idéologies sécuritaires et utilitaristes qui voient les Etats organiser une répression qui s'industrialise.
De la systématisation du contrôle aux frontières, aux camps de rétention en Europe et à l'extérieur, à l'organisation du travail et de la précarité, les idéologies sécuritaires deviendraient la seule perspective selon laquelle la société devrait être pensée et vécue.
Cela ne consistent pas seulement pour les Etats qui conduisent ces politique à imposer une omniprésence du contrôle et de la police, à créer des zones de non-droit, ou à faire fusionner sécurité intérieure et extérieure, mais aussi à imposer un contrôle et une gestion de la société pensée en termes de rentabilité.
Les ambitions chiffrées de l'Europe dans ce domaine, destructives sur toutes les échelles de la vie politique, économique et sociale, se poursuivent en France avec l'instauration de quotas et la création d'institutions et de divers organismes chargés de veiller au bon fonctionnement des circuits de l'exploitation.
L'intense mobilisation de ces derniers mois en France, partie de l'intérieur des centres de rétention, mais aussi un peu partout ailleurs en Europe et autour de la méditerranée réunit une diversité d'acteurs qui s'opposent à ces politiques et souhaitent faire valoir les droits fondamentaux et la liberté de circulation et d'installation.
- Auto-organisation et créativité dans les mouvements sociaux
Les mouvements sociaux réinventent continuellement des formes d'association, de prises de parole et d'action à partir des situations et des expériences au cours desquelles ils émergent, et sont porteurs de potentiels de réarticulation dans le champ politique des énoncés collectifs dont les interlocuteurs actifs peuvent alors recréer de l'espace, et organiser les modalités de revendications nouvelles ou affirmer des droits et des libertés qui devraient être respectés.
Parce qu'il n'est pas de meilleur expert et agent transformateur d'une situation que ceux qui la vivent, pas plus que personne ne peut être réduit à la définition que produit de lui un ordre social qui reste à changer, nous voulons poser la question des formes d'organisation et de mobilisation dans les mouvements sociaux, en particulier dans la lutte des sans-papiers.
Les sans-papiers ont du souvent attirer l'attention sur le fait qu'étant privés de droits acquis aux autres, ils étaient à la fois en première ligne de la précarisation et au croisement de la plupart des autres luttes, dans des situations qui rendaient parfois difficile la revendication de ces droits.
L'auto-organisation dans la lutte des sans-papiers et travailleurs migrants créé ainsi les conditions de possibilité de la revendication des droits et de la création de réseaux de solidarité et d'action qui peuvent agir comme une multiplicité d'associations d'acteurs différents.
Cette inventivité des mouvements sociaux, est alors telle que tous les acteurs engagés peuvent à la fois agir et produire un savoir collectif qui en font la continuité.
- Pratiques critiques des technologies
La rhétorique des technologies dites d'information et de communication voudrait que le monde soit reproduit sous forme numérique, réalisant ainsi le vieux rêve d'une société de contrôle sous le régime de la connectivité permanente qui n'équivaut que la rentabilité des industries qui l'imposent.
La réappropriation de ces technologies par les réseaux activistes qui expérimentent des projets d'information indépendante, des plateformes et des serveurs en logiciel libre, qui opposent à la rhétorique du contrôle et aux logiques de monopole des industries des pratiques critiques qui transforment des technologies mises au service des marchés en technologies DIY, des technologies propriétaires en technologies ouvertes dont les modèles peuvent être modifiés au cours de projets, d'expériences et d'échanges auxquels une multiplicité d'acteurs participent qui réinventent des usages et des modèles différents.
C'est à partir de telles approches que nombre d'outils devenus indispensables ont été développés, dont nous souhaitons explorer certaines dimensions et expérimenter les possibilités au cours de l'année (streaming audio et vidéo, listes de diffusion, technologies mobiles, etc.).
Nous proposons la création d'une plateforme sur l'année, avec plusieurs rencontres accueillies par l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris et un atelier durant le mois de mars avec le centre social de Venise, ainsi qu'un échange suivi en réseau.
Nous vous invitons à contribuer à cette plateforme.
L'ensemble du projet est mis en place sur une base modulaire qui associe les personnes, organismes ou groupes participants avec leurs modalités d'organisation et ressources et l'accueil à Paris et Venise.
Contact : coordination at contre-conference.net
http://contre-conference.net



