Jean-Claude Moineau
« Comment se construire une identité méditerranéenne ».
Pourquoi La Méditerranée ?
Sans doute la Méditerranée a-t-elle constitué historiquement pendant longtemps un pôle important, ce que Fernand Braudel1 a appelé l’ « économie-monde méditerranéenne ». Notion d’ « économie monde » utilisée tant par Fernand Braudel que par Immanuel Wallerstein2, quelles que soient les petites différences qu’il peut y avoir entre les deux, mais qui ne s’identifie en aucune sorte pour autant à une économie mondiale, l’économe n’étant pas alors mondialisée, pas plus que l’art ou la culture. Une économe-monde ne met jamais en jeu qu’un fragment de l’univers, un morceau de la planète, économiquement autonome (un peu à la façon de ce que, sur le plan culturel, sera le fragment-hérisson du romantisme d’Iéna), capable pour l’essentiel de se suffire à lui-même, et auquel ses liaisons et échanges intérieurs confère une certaine unité « organique ».
Jean-Claude Moineau
Si « art total », de la fantasmagorie wagnérienne au fantasmatique et impudent « tout est art », rimait avec totalitarisme, l’art global le glob’art— est désormais celui de la démocratie post-totalitaire planétaire et de ce nouvel oxymore qu’est la révolution conservatrice.
L’art global n’est pas tant un art intégral qu’un art intégralement intégré, ayant abandonné —après l’échec de ce qu’il pouvait encore y avoir de velléité critique dans le post-modernisme— toute dimension critique, s’appliquant sans relâche à faire passer toute visée critique pour réactive.
Jean-Claude Moineau
Rien, sans doute, ne saurait désormais échapper à la globalisation, l’art pas plus que le reste. Il n’y a pas de reste. La globalisation est en effet globale. Le monde de l’art au sens d’Howard Becker est désormais effectivement mondial, même si l’art n’a bien entendu pas attendu l’époque actuelle pour s’internationaliser, si l’art a toujours eu vocation internationale. Ce qui pose, en art comme ailleurs, la question de la pertinence du concept de globalisation, si concept il y a : concept, pseudo-concept, ou « concept spontané » ? Comme toujours, en matière historique, continuité ou discontinuité ?