David Amalric
J’aimerais tenter ici de confronter les réflexions des séminaires autogérés de recherche politique que nous avons mis en place à l’ENS (en particulier un séminaire sur l’émancipation), dans le prolongement de l’expérience des mouvements sociaux, avec le texte de l’entretien réalisé par le Sabot avec J. Rancière (entretien disponible sur le site de la CIP) – et ce, autour de la notion de « radicalité ».
Il apparaît assez clairement que beaucoup de choses appellent, aujourd’hui, une radicalité.
1) Que ce soit d’abord une certaine expérience des mouvements sociaux en tant que ceux-ci sont toujours le théâtre d’un déplacement, où quelque chose est bouleversé dans la vie quotidienne et dans la marche habituelle des choses, et dans nos façons de faire, de parler, de sentir, ouvrant à une série de remises en causes.
Jean-Claude Moineau
Ce que je voudrais faire ici simplement, à l'occasion de ce forum qu'on a titré "Vive l'indisciplinarité !", c'est proposer quelques repères, historiques dans une première partie, et autour de Foucault dans une deuxième partie, le sujet étant la remise en question des disciplines, du mouvement même de disciplinarisation puisqu'il n'y a pas toujours eu de disciplines, les disciplines se sont constituées historiquement. Il n'y a pas de découpage strict des disciplines, il n'y a pas de division entre les disciplines historiquement, pas même de différence véritablement faite entre science et philosophie. Il y a un savoir non différencié, une indisciplinarité déjà, et le problème est de ne pas faire retour à cela lorsqu'on parle d'indisciplinarité aujourd'hui. Qu'en est-il de l'indisciplinarité précédente à l'âge classique et de ce qu'on entendrait par là aujourd'hui ?