Nos expérimentations ne peuvent pas se conformer au devenir-entreprise de l'université, ni à ses marges attitrées. Car nous voulons inventer, nous voulons nous rencontrer ; créer des façons d'être ensemble et des rapports au savoir qui ne concèdent en rien aux politiques actuelles ; et mettre en question ensemble politique des savoirs et production commune de savoirs politiques.
Nous donnons rendez-vous les 4-5-6 juin 2010 à La Générale à la manufacture – 6 Grand Rue 92310 Sèvres (M° Pont-de-Sèvres) – pour élaborer ensemble des formes d'action et de réflexion collective après un an de pratiques diverses mises en place un peu partout (à Lyon, Toulouse, Rennes, Bruxelles, Paris…) – nous demander où nous en sommes, où nous allons – trois jours, entre rencontres, discussions libres, et ateliers de recherche.
Claire Fontaine
La possibilité de tenir ensemble
autonomie et vie affective est une légende
qui n'a pas encore été écrite.
Léa Mélandri, Una visceralità indicibile, 2007
En 1974, Jean-François Lyotard publiait un livre surprenant intitulé Economie libidinale, où il attaquait les simplifications marxistes et freudiennes, et ouvrait une nouvelle perspective sur la connexion entre désirs et lutte. Ce qui commence à s'effondrer à ce moment là, sous l'offensive de deux livres-armes essentiels de Deleuze et Guattari, L'Anti-Oedipe et Mille plateaux, c'est la fétichisation de la conscience comme l'organe qui allait guider la révolution.
Claire Fontaine
‘Grève humaine’ désigne le mouvement de révolte le plus générique possible contre toute oppression. Il s’agit d’une grève plus radicale et moins spécifique que la grève générale ou la grève sauvage.
La grève humaine s’attaque à ce qu’il y a d’économique, d’affectif, de sexuel et d’émotionnel dans la position que les sujets occupent. Cela offre une réponse à la question : « Comment devient-on autre chose que ce qu’on est ? » Ce n’est pas un mouvement social même si pendant les soulèvements et les agitations elle peut trouver un terreau fertile pour grandir et se développer, parfois même contre ceux-ci.
Le séminaire in situ vous invite à une rencontre avec Sophie Gosselin et David gé Bartoli, ce mercredi 12 mai 2010 à 15h, en salle D-136 (bâtiment D, 1er étage), à l'Université Paris 8 Saint-Denis - 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis - M° Saint-Denis Université.
Sophie Gosselin et David gé Bartoli sont artistes et philosophes.
Doctorante à l'Université Marc Bloch à Strasbourg, Sophie Gosselin tente de renouveler l'approche de la question de la technique à partir des travaux de Jacques Derrida.
Le séminaire in situ vous invite à une rencontre avec le collectif Claire Fontaine (Fulvia Carnevale et James Thornhill), ce mercredi 31 mars 2010 à 15h, en salle D-136 (bâtiment D, 1er étage), à l'Université Paris 8 Saint-Denis - 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis - M° Saint-Denis Université.
Claire Fontaine est une artiste collective qui a été fondé en 2004 et vit à Paris. Après avoir tiré son nom d'une marque populaire de cahiers pour écoliers, Claire Fontaine s'est auto-déclarée une « artiste ready-made » et a commencé à élaborer une version d'art néo-conceptuel qui souvent ressemble au travail d'autres gens. Elle utilise le néon, la vidéo, la sculpture, la peinture et l'écriture, sa pratique peut être décrite comme un questionnement ouvert de l'impuissance politique et de la crise de la singularité qui semblent caractériser l'art contemporain aujourd'hui.
Le séminaire in situ vous invite à une rencontre avec Charlotte Hess et Luca Paltrinieri, membres du collectif Zones d'attraction (http://zonesdattraction.org), ce lundi 15 mars 2010 à 15h, en salle D-136 (bâtiment D, 1er étage), à l'Université Paris 8 Saint-Denis - 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis - M° Saint-Denis Université.
Cette rencontre ouverte à tous est la première d'une série de quelques rencontres qui seront proposées dans le cadre du séminaire.
"Zones d’attraction est un collectif mutant dont le besoin de liberté est infini dans toutes les directions.
Quête d’une écriture à plusieurs mains, en acte, performative, et dont le sens est l’élaboration d’un désir collectif.
Le séminaire libre de recherche politique ou séminaire in situ élabore des approches des formes contemporaines du politique au travers de l'exploration d'une multiplicité de références et d'expérimentations récentes ou en cours.
Il se veut l'ouverture d'un champ d'exploration selon la perpétuelle mise en tension entre des approches acquises et l'inventivité où c'est la dimension de "ce qui est en train de se faire" qui importe. Aussi, il y sera question d'une politique de l'être ensemble et de la circulation des recherches, des savoirs et des pratiques politiques.
Jacques Rancière
Je doit rappeller que je ne suis pas ici pour donner une conférence, ni pour apporter une quelconque réponse à la question de ce qu'il faut faire, comment, pourquoi, mais éventuellement pour faire écho, rebondir, et éventuellement susciter d'autres rebonds. Ce sera d'abord un libre rebond sur un certain nombre de choses qui ont été évoquées ici.
D'abord, dire qu'à mon avis effectivement il y a deux attitudes quand on pense à la radicalité. Il y a une attitude qui pense qu'elle est historiquement constituée, c'est à dire qu'il y a une histoire, une histoire des révolutions notamment, ça n'a pas marché une première fois, une seconde, une troisième, etc., mais si on prend les mesures qu'il faut avec les gens qu'il faut et les théories qu'il faut disons, on devrait y arriver à la quatrième, ou la cinquième ou la sixième fois.
Raqs Média Collective
Contre-conférence - A l'occasion de la publication de la traduction de La Nuit des prolétaires en hindi, une rencontre se déroulait à Saraï en février dernier à New-Delhi en compagnie de Jacques Rancière.
Voici une première question autour de cette traduction et de cette rencontre en relation avec les recherches développées à Saraï.
Quelle lecture de La Nuit des prolétaires pouvons-nous faire aujourd'hui ?
Raqs Média Collective - La question cruciale à laquelle l'entreprise de La Nuit... ouvre est celle de l'instabilité fondamendale qu'il y a à la condition même d'être travailleur. Partir du travail est aussi essentiel à cette condition que la soumission à la discipline du travail salarié en raison des pressions de la survie ou de la mobilité. Aujourd'hui cette instabilité interne doit être pensée et élaborée.
Jean Liber
Une idée exprimée par Rancière me semble essentielle aujourd'hui : l'idée de "moments communistes". On a vu lors des colloques qui ont eu lieu récemment à Londres, à Paris, etc., sur le communisme que deux tendances s'expriment côte à côté, s'entendent sans s'entendre, etc., dont l'une serait de dire qu'il y a deux moments dans l'histoire, l'un commençant en 1917, l'autre à la chute du mur de Berlin en 1989 : nous serions dans le deuxième moment. L'autre tendance serait de dire si on pense le communisme en tant que politique de l'émancipation, que ce qu'il faut penser c'est, et c'est effectivement ce que dit Rancière : quels sont les moments de communisme ?